Ces conférences, réalisées par des chercheurs et des étudiants universitaires, permettent une diffusion des résultats de recherches sur des sujets touchant les jeunes et les familles en difficulté. Elles sont destinées aux chercheurs, aux étudiants, de même qu’à tous professionnels du réseau de la santé et des services sociaux et des milieux communautaires. Ces conférences sont accessibles gratuitement et se retrouvent également sur notre chaîne Youtube. Abonnez-vous dès maintenant à notre chaîne pour recevoir toutes les nouveautés !

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La présentation portera sur l’ensemble des résultats découlant de l’Étude pilote sur la santé physique et mentale des jeunes agressés sexuellement et non agressés : services, séjours hospitaliers, diagnostiques et médication. Cette étude a été réalisée à l’aide de données de 882 jeunes signalés au Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire entre 2001 et 2010 et 882 jeunes appariés provenant de la population générale. Toutes leurs consultations médicales et diagnostics octroyés entre 1996 et 2013 ont été documentés et comparés. Les résultats présentés porteront sur les maladies infectieuses, les grossesses et leurs complications, les profils de santé mentale, incluant le stress post-traumatique complexe et la résilience, ainsi que les troubles psychotiques et les différences entre les garçons et les filles abusés.

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La recherche auprès d’enfants évoluant dans des contextes qui impliquent une certaine vulnérabilité implique des enjeux éthiques spécifiques, qui sont rarement documentés dans la littérature et peu enseignés au cours des formations universitaires. Les chercheurs intéressés par l’expérience et l’expertise de ces enfants manquent donc souvent de repères pour guider leurs prises de décision au quotidien. Ce webinaire a comme objectif de nourrir la réflexion sur les enjeux éthiques de la recherche auprès des enfants récemment immigrés. À partir des défis rencontrés dans la réalisation d’une étude auprès de jeunes immigrants âgés de six à quatorze ans, les processus de recherches permettant de prendre en considération la vulnérabilité des enfants immigrants et réfugiés sans les vulnérabiliser seront discutés.

Conduire une étude longitudinale sur le processus de constitution de l’identité des enfants, de leur naissance à l’âge adulte, présente l’immense avantage d’en observer pas à pas les facteurs déterminants et les aléas, la place qu’y tiennent les principaux éducateurs, les milieux de vie et les enfants eux-mêmes. Mais le risque est alors de voir progressivement disparaître les enquêtés, comme dans toute étude de ce type. On présentera lors du séminaire les techniques qui ont permis de recueillir des matériaux sociologiques auprès de très jeunes enfants et de maintenir des contacts réguliers avec la cinquantaine de familles de l’étude Génération 2011, démarrée il y a 10 ans, en utilisant des protocoles de jeux semi-directifs, ainsi que des cadeaux, des newsletters personnalisées ou des enregistrements vidéo restitués aux familles. On montrera ainsi que les impératifs théoriques, méthodologiques et même éthiques de ce type d’enquête sont indissociables.

Prendre en compte la parole des enfants gravement malades est un enjeu d’envergure pour le chercheur en sciences sociales, d’autant plus lors qu’il s’agit d’enfants très jeunes et/ou très affectés par la maladie. Généralement en retrait ou éclipsée par les discours des adultes qui les entourent (parents, professionnels de santé), il est rarement envisageable de saisir directement la parole de ces enfants par l’intermédiaire d’entretiens semi-dirigés. Il faut alors mobiliser une multitude de méthodologies (observations, entretiens, recueil de documents) afin de reconstituer cette parole fragmentée et les expériences associées. Cette présentation s’appuie sur une recherche collective menée en France auprès d’enfants atteints de cancers avancés. Nous revenons sur les différentes méthodologies mises en œuvre, sur leurs complémentarités analytiques, mais également leurs limites et leurs conditions de déploiement en milieu hospitalier. Une attention particulière sera donnée aux questions éthiques telles qu’elles émergent à la fois dans leurs dimensions réglementaires et lors des échanges avec les familles et les équipes soignantes.

Dans le cadre de cette présentation, nous aborderons les transformations méthodologiques qui se sont opérées au cours d’une recherche collaborative. Ces transformations visaient à corriger le déficit de reconnaissance des participants comme personne à part entière et l’injustice épistémique inhérents au projet et aux postures à l’origine de celui-ci. Nous exposerons comment, à travers l’ajustement des objectifs, des outils de collecte de données et des rôles des chercheuses, le statut des participants a évolué d’élèves à sujets connaissants, puis à cochercheuses et cochercheurs. Enfin, nous témoignerons de l’importance du doute chez les chercheurs et chercheuses sensibles à une réelle prise en compte de la voix des enfants et des adolescents afin d’accepter leur propre transformation comme étant légitime et fondamentalement scientifique.

La consommation maternelle de substances psychoactives à potentiel tératogène durant la grossesse demeure mal documentée, malgré son impact négatif sur le développement de l’enfant à naître. Chez les familles évoluant au sein de conditions de vie adverses, le risque d’exposition prénatale à ces substances serait tel que l’urgence d’un dépistage hâtif s’impose en santé publique. Cette étude documente la prévalence et la nature de l’exposition prénatale à l’alcool et aux drogues chez une cohorte de bébés (N = 340) dont la situation a été signalée aux autorités à leur naissance. Près de la moitié de ces enfants (n = 176) furent exposés. Les liens entre la consommation maternelle, les motifs légaux d’intervention et le placement de l’enfant dans ses trois premières années de vie sont examinés. Les résultats sont discutés de façon à aider les travailleurs sociaux à mieux repérer ces situations et moduler les interventions conséquentes. Cette capsule vidéo a été présentée dans le cadre du colloque virtuel SOS TSAF.net.

L'outil Atypical Maternal Behavior Instrument for Assessment and Classification (AMBIANCE) est un outil d'observation appuyé par la recherche sur l'attachement parent-enfant et vise à identifier les comportements parentaux problématiques. La version brève peut être utilisée dans un contexte clinique afin d'identifier les familles à risque et planifier l'intervention auprès de celles-ci. L'outil se centre sur les indicateurs de comportements parentaux problématiques et peut prédire un attachement parent-enfant désorganisé. Cette présentation porte sur la validation, la formation et l'implantation de l'outil. Pour en savoir davantage, visitez le site web du Determinants of Child Development Lab.

Afin de poser un regard différent sur le vécu des enfants, des adolescents et des adolescentes à la suite d’une catastrophe tout en faisant émerger leur voix, ce webinaire vise à démontrer la pertinence de recourir à l’entrevue de groupe. Il présente les enjeux et les choix méthodologiques entourant l’élaboration d’une étude mixte réalisée auprès de jeunes fréquentant quatre écoles primaires et une école secondaire de la communauté de Lac-Mégantic, et ce, trois ans après un déraillement de train (Maltais, Pouliot et Petit, 2018). Plus spécifiquement, le volet qualitatif de l’étude, réalisé à l’aide d’entrevues de groupe, fait l’objet d’un récit rétrospectif. Pour ce faire, ce webinaire sera divisé en trois principales parties. Tout d’abord, une recension des écrits scientifiques permettra de tirer certains constats au sujet de l’utilisation de l’entrevue de groupe pour donner une voix aux jeunes. Dans un deuxième temps, l’exemple concret d’une recherche menée à l’aide d’entrevues de groupe avec des enfants, des adolescents et des adolescentes en contexte de catastrophe technologique sera présenté. Finalement, une analyse rétrospective de cette démarche de recherche permettra de réfléchir aux retombées et aux principaux enjeux méthodologiques inhérents à l’utilisation des groupes de discussion dans les recherches menées auprès des jeunes.

Documentation complémentaire :


Le 3 mai 2021, les membres de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (Commission Laurent) rendaient public leur rapport, fort attendu par la communauté scientifique et les professionnels qui œuvrent, de près ou de loin, dans les services sociaux à l’enfance. Plus de 300 témoins ont été entendus lors des audiences publiques de la Commission, dont plusieurs chercheurs et partenaires du CRUJeF. À l’issue de ces travaux, les membres de la Commission ont formulé une liste exhaustive de recommandACTIONS ayant trait, notamment, à la promotion des droits des enfants, à l’importance de la prévention et à l’amélioration de l’intervention en protection de la jeunesse. Dans l’attente du rapport, le CRUJeF a proposé tout au long du mois d’avril une série d’activités et d’animations scientifiques autour de thèmes qui étaient au cœur d’un grand nombre de témoignages à la Commission Laurent (maltraitance envers les enfants, conflits sévères de séparation, soutien aux familles d’accueil, révision de l’offre de service en réadaptation, etc.). Afin de clore les activités entourant le dépôt du rapport de la Commission Laurent, le CRUJeF est heureux de vous inviter à une dernière activité virtuelle réunissant quatre expertes qui échangeront autour des recommandations des commissaires.

La place et le rôle de l’ensemble des actrices et des acteurs impliqués dans un processus de recherche, non seulement les chercheurs et les chercheures mais aussi les enquêtés et les enquêtées eux-mêmes, sont de plus en plus reconnus et valorisés dans une perspective participative et transdisciplinaire. À titre d’expérience et d’exemplification, cette présentation prend appui sur un projet inter- et transdisciplinaire financé par le FNS suisse (Exploring the way to and from school with children: an interdisciplinary approach of children’s experiences of the third place). Y sont étudiées les expériences enfantines vécues sur le chemin de l’école avec une étroite collaboration entre l’équipe de recherche et un groupe d’enfants « expert-e-s » qui ont un rôle de co-chercheuses et co-chercheurs. Nous abordons de manière spécifique : 1) les enjeux et les étapes du processus de recherche ; 2) l’organisation et le déroulement de quatre séances de travail ; et 3) la plus-value scientifique et sociale de la participation des enfants et sa valorisation.

De plus en plus de chercheurs étudient la notion de saines habitudes de vie émotionnelles et relationnelles, un concept émergent qui doit être intégré au spectre des saines habitudes de vie telles que l’activité physique et la saine alimentation. Selon Robert Waldinger, psychiatre à l’Université Harvard et quatrième auteur d’une étude longitudinale réalisée sur 75 ans, c’est la qualité de nos relations sociales qui nous rendrait heureux et nous garderait en santé.

La violence, la discrimination, l’intimidation et le harcèlement sont des problèmes sociaux auxquels il faut apporter des réponses émotionnelles et relationnelles, notamment au moyen d’interventions éducatives visant le développement de compétences prosociales. Cet atelier démontrera comment et pourquoi opter pour une approche favorisant de saines habitudes de vie émotionnelles et relationnelles en intervention peut contribuer à assurer des milieux de vie positifs et bienveillants pour les jeunes LGBTQ+.

Cette présentation fait ressortir les principaux enjeux vécus par les jeunes trans et non binaires à partir de la littérature actuelle et de données de projets de recherche en cours. Elle permet de mieux comprendre les bases scientifiques et éthiques des pratiques transaffirmatives en intervention.

Le stress associé à la stigmatisation force parfois les jeunes de la diversité sexuelle et de genre à élaborer des stratégies d'adaptation rendant plus efficace leur gestion de ce stress au quotidien, puis à court, moyen et long terme. Dans ce webinaire, les conférenciers démontrent le rôle positif que jouent l’acceptation de soi et la communication sur la santé et le bien-être des jeunes LGBTQ+ (lesbiennes, gais, bisexuels, trans, en questionnement, etc.). Ils soulignent aussi l’importance d’aborder ce sujet dans les débats politiques en cours. Le fait de révéler son orientation sexuelle ou d’affirmer son identité de genre peut être bénéfique pour la santé mentale et physique lorsque les politiques sociales sont inclusives et facilitent le processus de divulgation.

L’approche créative pour créer une alliance thérapeutique avec les jeunes LGBTQ+ est aussi abordée avec l’exemple de la Fondation Le Refuge, en France, qui accueille les jeunes expulsés de leur domicile familial en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. L’utilisation des médias créatifs permet l’ouverture du champ des possibles et facilite l’expression de l'indicible. Qu’est-ce que ces jeunes ont à dire sur leur vécu et comment les aider à devenir résilients après de premiers coming out ou premières affirmations de genre aussi difficiles ?

L’intervention auprès des jeunes de la diversité sexuelle et de genre nécessite des savoirs, savoir-être et savoir-faire faisant appel à des standards éthiques qu’il importe de connaître. Ces balises font notamment appel au respect et à la promotion des droits et libertés reconnus au Québec, mais aussi au soutien de la résilience et de la capacité d’agir des jeunes, de leurs milieux de vie et de leurs communautés.

Qu'est-ce que la stigmatisation ? Quels effets a-t-elle sur les jeunes de la diversité sexuelle et de genre ? Comment y remédier ? Dans la première partie de cette présentation, la conférencière aborde ce que ça signifie sur le plan théorique et concrètement être une identité stigmatisée, puis comment les adolescents et les jeunes adultes LGBTQ+ composent avec cette stigmatisation et ses conséquences (discrimination, intimidation, etc.). Dans la seconde partie, le conférencier met l'emphase sur les moyens à privilégier pour lutter contre cette stigmatisation dans les milieux de vie des jeunes LGBTQ+, les programmes d'intervention et les politiques sociales.

Le passage à l’âge adulte se réalise à travers des tâches développementales exigeantes. À ces tâches s’ajoute, pour les jeunes LGBTQ+, l’obligation de composer avec des normes et parfois même des violences qui, dans le contexte d’une égalité sociale à atteindre, stigmatisent leur orientation sexuelle, leur expression et leur identité de genre. À partir de données d’enquêtes récentes disponibles au Québec, cette présentation dresse un état des lieux des défis uniques que rencontrent aujourd’hui les jeunes LGBTQ+ et de leurs effets cumulatifs. Puis, reconnaissant que les jeunes LGBTQ+ ne forment pas un groupe homogène, leur positionnement dans différents systèmes d’oppression les exposant à des expériences et des conséquences spécifiques sera aussi mis en lumière.

En 2011, l’UNESCO a organisé la toute première consultation internationale du système des Nations Unies sur le harcèlement homophobe dans les établissements éducatifs. Depuis, l’UNESCO a produit plusieurs rapports qui synthétisent des données mondiales sur la nature, la prévalence et l’impact des violences fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité ou l’expression de genre en milieu scolaire. L’UNESCO a aussi étudié et documenté les réponses efficaces des systèmes éducatifs à ce type de violences. Cette conférence présente un état des lieux de ces données, notamment des dispositifs qui doivent être mis en place pour favoriser l’inclusion des jeunes LGBTQ+ dans et grâce à l’éducation.

Cette table ronde était présentée dans le cadre de la série de conférences virtuelles "L’attachement parent-enfant et les enjeux de la maltraitance: implications pour l’intervention sociale". Nos experts invités discutent de certaines recommandations formulées dans le rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse. Cette Commission a été mise sur pied le 30 avril 2019 à la suite du décès d’une fillette de sept ans qui a été maltraitée dans son milieu familial, à Granby. Cette tragédie a soulevé des inquiétudes majeures au sein de la population concernant le système de protection de la jeunesse, mais aussi le soutien offert aux jeunes et aux familles en situation de vulnérabilité. Les travaux de cette Commission visaient alors à entreprendre une réflexion en profondeur sur la protection de la jeunesse, la Loi sur la protection de la jeunesse, de même que sur le rôle des tribunaux, des services sociaux et des différents acteurs concernés.

Les voix des enfants et des adolescent.e.s qui vivent en contexte de violence conjugale sont encore trop peu sollicitées en recherche. Cette situation est alimentée par différents défis, dont certains sont liés à la difficulté d’atteindre un équilibre entre le principe éthique de protection du bien-être des jeunes et le principe éthique de justice. Cette présentation aborde deux défis associés à cette tension, défis qui ont été rencontrés durant le processus d’approbation éthique d’une recherche visant à documenter les vécus d’adolescent.e.s vivant en contexte de violence conjugale. Le premier défi réfère à la conceptualisation des jeunes en recherche qui tend trop souvent à les voir d’emblée comme étant vulnérables. Le second défi réfère à une mesure légale d’encadrement qui est appliquée par les comités d’éthique lorsqu’une recherche implique des personnes d’âge mineure, c’est-à-dire, la nécessité d’obtenir le consentement parental pour qu’un.e jeune puisse participer à une recherche. Quelques stratégies qui ont été mises en place dans le cadre de cette recherche pour tenter de faire face à ces défis seront aussi présentées.

Cette présentation s’intéresse aux recherches qui impliquent de questionner des enfants et des adolescents quant à leurs expériences traumatiques vécues. Le questionnement des événements traumatiques a été, dans un premier temps, décrié et critiqué, car on estimait que cette procédure pouvait créer du tort, un peu comme une boîte de Pandore qui devait rester enfouie. On craignait la retraumatisation de cette population perçue comme étant vulnérable et en besoin de protection. Les études empiriques qui se sont intéressées à la question apportent un éclairage beaucoup plus nuancé sur cette réalité et on convient de plus en plus qu’il ne s’agit pas d’un enjeu lié au fait de poser des questions ou non, mais plutôt qu’il faut offrir les bonnes conditions pour que la parole de l’enfant soit entendue, tout en limitant les conséquences négatives possibles. Cette présentation résumera les études empiriques qui ont mesuré les impacts liés au fait de questionner les expériences traumatiques chez les mineurs. Deux études de cas permettront de présenter les réflexions éthiques et déontologiques quant aux conditions favorables pour recueillir cette information, et ce, en gardant le meilleur intérêt de l’enfant toujours à l’avant-plan.